« Gourou » : pourquoi ce film dérange (et ce qu’il dit vraiment de nous)




Quand Elise m'a proposé ce sujet, je ne savais pas si j'allais parler de ce film.

Parce que dès qu’on touche au développement personnel, au coaching, au bien-être, ça s’enflamme très vite.
Soit on est “contre”.
Soit on est “pour”.
Soit on est accusée de ne rien comprendre.

Et moi, je suis… prudente.

La sortie du film Gourou (qui interroge l’univers du coaching et des figures charismatiques du développement personnel) m’a laissée avec une sensation étrange. Pas de colère. Pas de révélation. Mais une question plus subtile :

À quel moment la quête d’aide devient-elle une forme de dépendance ?


Le coaching n’est pas le problème

Je le dis tout de suite :
le coaching peut être utile.
Le développement personnel peut aider.
Certaines personnes accompagnent avec éthique, profondeur et responsabilité.

Beaucoup de femmes ont trouvé un vrai soutien grâce à cela.

Mais là où le film dérange, c’est qu’il met le doigt sur une zone grise.
Pas sur l’accompagnement en soi.
Sur l’idéalisation.

Quand une personne devient “la solution”.
Quand son discours devient incontestable.
Quand la nuance disparaît.


La positivité qui ne laisse plus respirer

Ce qui m’interroge le plus, ce n’est pas l’optimisme.
C’est la positivité obligatoire.

Cette idée que :

  • si ça ne va pas, c’est que tu vibres mal,

  • si tu souffres, c’est que tu bloques quelque chose,

  • si tu n’avances pas, c’est que tu ne travailles pas assez sur toi.

Ce glissement est presque invisible.

On commence par chercher des outils.
Puis on finit par se sentir responsable de tout.

Même de ce qui ne dépend pas de nous.

Et c’est là que la frontière devient fragile.


Le business du bien-être

Il faut oser le dire : le bien-être est devenu un marché.

Formations, retraites, masterclass, abonnements, certifications…
Parfois pour des sommes importantes.

Encore une fois, je ne juge pas le fait de vendre une compétence.
Mais je m’interroge sur le discours qui entoure certaines offres.

Quand la promesse devient :

  • “ta nouvelle vie”,

  • “ta transformation radicale”,

  • “la meilleure version de toi-même”.

Cela peut séduire.
Surtout quand on est fatiguée.
Surtout quand on doute.

Et les femmes, particulièrement celles qui portent beaucoup (famille, travail, charge mentale), sont une cible idéale : elles veulent aller mieux. Elles veulent bien faire.


L’emprise psychologique : un mot lourd, mais réel

Le film évoque quelque chose : l’emprise.

Elle ne commence pas toujours par une manipulation évidente.
Elle peut commencer par :

  • une admiration,

  • un soulagement,

  • un sentiment d’être enfin comprise.

Puis petit à petit :

  • on doute moins de l’autre que de soi,

  • on cherche sa validation,

  • on a peur de “régresser” si on s’éloigne.

Encore une fois : tout le coaching n’est pas de l’emprise.
Mais toute relation asymétrique mérite vigilance.


Pourquoi le sujet enflamme autant ?

Parce qu’il touche à quelque chose d’intime.

Quand on critique un gourou, certaines personnes entendent :

“Tu t’es fait avoir.”

Quand on critique le développement personnel, d’autres entendent :

“Tu n’as rien compris à la croissance intérieure.”

Alors les réactions deviennent émotionnelles.

Mais peut-être que la vraie maturité consiste à dire :

On peut avoir été aidée… et reconnaître que certains excès existent.

Les deux peuvent coexister.


Ce que je retiens, personnellement

Ce film ne m’a pas rendue méfiante.
Il m’a rendue attentive.

Attentive aux discours trop parfaits.
Aux promesses trop rapides.
Aux personnes qui prétendent avoir réponse à tout.

Aujourd’hui, je crois davantage :

  • aux professionnels formés et encadrés,

  • aux accompagnements qui encouragent l’autonomie,

  • aux approches qui laissent de la place au doute.

Un bon accompagnement ne crée pas de dépendance.
Il rend libre.


Une question que je me pose (et que je te pose)

Quand tu écoutes quelqu’un qui t’accompagne,
est-ce que tu te sens plus forte…
ou plus petite sans lui/elle ?

La différence est subtile. Mais essentielle.



Ma bulle féminine, 



Merci Elise pour ce sujet.
Tu souhaites que je parle d'un sujet en particulier ? 
Ecris moi donc : mail





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