La charge mentale, on sait ce que c'est et pourtant...
La charge mentale… après la prise de conscience
On sait ce que c’est, la charge mentale.
On l’a lue, nommée, partagée.
On a même parfois eu ce moment de soulagement :
« Ah… donc ce n’est pas juste moi. »
Et pourtant.
Même après la prise de conscience, elle est toujours là.
Plus discrète, parfois.
Plus subtile.
Mais bien vivante.
La charge mentale quand personne ne te la demande
Personne ne t’a demandé d’y penser.
Et pourtant, tu y penses.
Tu anticipes.
Tu ajustes.
Tu fais le lien entre mille détails invisibles.
Personne ne t’a dit :
« Pense à l’anniversaire de ta belle-mère »
« Vérifie si on a encore assez de café »
« N’oublie pas que ce rendez-vous tombe le même jour que… »
Et pourtant, tu sais.
Et tu portes.
La charge mentale ne vient pas toujours d’une demande.
Elle vient souvent de l’habitude d’être celle qui veille.
Quand tu continues à penser pour tout le monde
Même quand les enfants grandissent.
Même quand ils sont autonomes.
Même quand tu pourrais, en théorie, lâcher.
Tu continues à penser pour :
-
l’équilibre de la famille,
-
l’ambiance de la maison,
-
les besoins des autres avant qu’ils ne soient formulés.
Tu deviens la mémoire collective.
Le radar émotionnel.
La tour de contrôle silencieuse.
Et parfois, tu ne sais même plus à quel moment tu as accepté ce rôle.
Tu l’as simplement endossé.
Parce que ça marchait.
Parce que tu savais faire.
Comment la charge mentale se transforme avec l’âge ?
Elle change de visage.
Quand les enfants sont petits, elle est bruyante, urgente, épuisante.
Quand ils grandissent, elle devient plus diffuse… mais pas plus légère.
Elle se transforme en :
-
inquiétudes silencieuses,
-
anticipations permanentes,
-
responsabilité émotionnelle.
Tu n’organises plus les goûters.
Mais tu portes les non-dits.
Les tensions.
Les “ça ira” que tu prononces pour tout le monde.
La charge mentale invisible, la plus difficile à déposer
Le plus dur, ce n’est pas toujours de faire.
C’est de penser sans arrêt.
Penser à ce qui pourrait arriver.
À ce qui manque.
À ce qui ferait du bien à chacun.
Et souvent, personne ne voit ce travail-là.
Parce qu’il se fait dans ta tête.
Parce qu’il ne laisse pas de trace concrète.
Alors tu continues.
Jusqu’au jour où tu te rends compte que tu es fatiguée… sans raison apparente.
Et si la vraie prise de conscience commençait maintenant ?
Pas celle qui consiste à expliquer.
Mais celle qui consiste à se demander :
- Qu’est-ce que je porte encore, alors que personne ne me l’a demandé ?
- Qu’est-ce que je continue à gérer par réflexe, pas par choix ?
Tu n’as pas à tout lâcher d’un coup.
Mais tu as le droit de déposer une part.
Même petite.
Même imparfaite.
Parce que penser pour tout le monde, tout le temps, a un prix.
Et ce prix, trop souvent, c’est toi qui le paies.
La charge mentale ne disparaît pas quand on la comprend.
Elle s’allège quand on commence à se choisir aussi.
Ma bulle féminine,
Christelle Vanwarbeck
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