Je ne veux plus courir après le temps



Il y a quelque temps, j’ai réalisé quelque chose d’assez simple : je passe une bonne partie de ma vie à essayer de gagner du temps… alors que le temps, lui, n’a jamais eu l’intention de me laisser gagner.

Il file.

Toujours.

Et moi, je cours derrière avec ma liste de choses à faire, mon téléphone à la main et parfois même mon cthé que j’ai oublié de boire. 

Alors, à 50 ans, j’ai décidé de tenter une nouvelle expérience :

ralentir. Cela te parle ?

Pas tout arrêter.
Pas partir vivre au milieu des bois avec trois chèvres et un potager (quoique)

Simplement… ralentir un peu.


Pendant des années, on a couru

Nous avons tellement été habituées à courir.

Courir pour aller travailler.

Courir pour conduire les enfants.

Courir pour faire les courses.

Courir pour ranger la maison.

Courir pour répondre aux messages.

Courir pour être disponibles.

Courir pour ne surtout pas oublier quelque chose.

Et puis un jour, on se rend compte que les années ont filé elles aussi.

On se demande alors :

« Mais quand est-ce que j’ai pris le temps de profiter ? »

Peut-être que c’est justement cela qui change après 50 ans.

On commence à comprendre que le temps n’est pas seulement quelque chose à gérer. C’est quelque chose à vivre.

Prendre son thé… pendant qu’il est encore chaud !


Voilà déjà un joli objectif.

Boire son thé chaud.

Pas tiède.

Pas réchauffé trois fois au micro-ondes parce qu’entre-temps il fallait faire mille choses.

Juste s'asseoir.

Respirer.

Regarder par la fenêtre.

Et savourer.

Cela ne prend que quelques minutes.

Mais ces quelques minutes peuvent changer le début d'une journée.

Et puis, soyons honnêtes : à notre âge, on mérite quand même de boire notre thé chaud ! 


Ralentir, ce n’est pas être paresseuse

Pendant longtemps, nous avons associé le repos à une forme de culpabilité.

Si nous étions assises, nous pensions à ce qu’il fallait ranger.

Si nous lisions, nous pensions à ce qu’il fallait faire.

Si nous prenions une pause, nous avions presque besoin de la justifier.

Mais pourquoi ?

Nous ne sommes pas des machines.

Nous avons le droit d'avoir besoin de souffler.

Le droit de ne pas être productive pendant quelques heures.

Le droit de regarder une série.

De lire un roman.

De faire une promenade.

De jardiner.

De prendre un bain.

Ou même de rester assise à ne rien faire du tout.

Et si quelqu'un demande :

« Tu fais quoi ? »

La réponse peut être merveilleusement simple :

« Rien. Et ça me fait beaucoup de bien. »


J’ai moins envie de remplir mes journées

Aujourd’hui, je préfère une journée qui laisse quelques espaces vides à une journée remplie du matin au soir.

J’ai envie de prendre le temps de mieux cuisiner.

De discuter.

De me promener.

De regarder les saisons changer.

De m’arrêter devant une jolie fleur.

De lire quelques pages.

De profiter d’un repas sans regarder l’heure.

De partager un moment avec les personnes que j’aime.

Parce que les souvenirs que nous gardons ne sont pas forcément ceux des journées où nous avons été les plus efficaces.

Ce sont souvent ceux où nous avons vraiment été présentes.


Et si on arrêtait de vouloir tout faire ?

C’est probablement l’une des grandes leçons que j’aimerais retenir après 50 ans :

je n’ai pas besoin de tout faire.

Tout ne doit pas être parfait.

Tout ne doit pas être terminé aujourd’hui.

Tout le monde n’a pas besoin de moi immédiatement.

Et certaines choses peuvent parfaitement attendre demain.

La poussière, par exemple.

Elle est très patiente.

Elle reviendra. 

Alors autant parfois choisir un livre plutôt qu’un plumeau.

Une promenade plutôt qu'une corvée.

Un moment avec une amie plutôt qu'une maison parfaitement rangée.

Parce qu'une maison impeccable ne nous laissera pas de souvenirs.

Les moments vécus, eux, oui.


Ma nouvelle définition d’une belle journée

Aujourd’hui, une belle journée n’est plus forcément une journée où j’ai accompli mille choses.

C’est une journée où j’ai ri.

Où j’ai pris le temps de respirer.

Où j’ai partagé un bon repas.

Où j’ai fait quelque chose qui me plaisait.

Où j’ai peut-être appris quelque chose.

Ou simplement où je me suis sentie bien.

C’est peut-être cela, finalement, la slow life après 50 ans :

faire moins de bruit et davantage de place à ce qui nous fait du bien.


Le temps continuera de passer

Nous ne pouvons pas arrêter le temps.

Et franchement, ce serait dommage.

Chaque âge apporte ses découvertes, ses souvenirs, ses changements et ses petits bonheurs.

Mais nous pouvons choisir la manière dont nous avançons avec lui.

Courir ?

Ou marcher ?

Remplir chaque minute ?

Ou laisser quelques espaces pour respirer ?

Toujours regarder ce qui vient après ?

Ou parfois regarder ce qui est déjà là ?

Moi, j’ai envie d’essayer une autre façon de vivre.

Je ne veux plus courir après le temps.

Je veux le savourer.

Un jour après l’autre.

Une promenade après l’autre.

Un fou rire après l’autre.

Un petit bonheur après l’autre.

Et, surtout…

un thé chaud à la fois. 


Ma petite pensée pour toi :

Si aujourd’hui tu as l’impression de courir encore et toujours, arrête-toi quelques minutes.

Respire.

Regarde autour de toi.

Et demande-toi simplement :

« Qu’est-ce que je pourrais faire un peu moins vite aujourd’hui ? »

Peut-être que ta réponse sera le début de ta propre petite bulle.

Et tu verras…

le monde continuera de tourner même si, pendant quelques minutes, tu prends le temps de tourner plus doucement avec lui. 


Ma bulle féminine,
Christelle Vanwarbeck

contact : mabullefeminine@gmail.com

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