Nouvelle : Ce livre que j’ai lu comme une conversation

 



Il traînait sur une table, oublié par une amie après un brunch. La couverture n’avait rien d’extraordinaire : un titre sobre, Les mots pour se relever, et un fond couleur lin un peu vieilli.
“Tu peux le garder si tu veux”, m’a-t-elle dit en souriant.
Je l’ai glissé dans mon sac sans trop y penser — encore un livre de plus, me suis-je dit.

Sauf que celui-là, je n’étais pas prête à le refermer.

Je l’ai ouvert un soir, par curiosité, entre deux lessives et un thé trop chaud. Et tout de suite, j’ai senti quelque chose de différent. Pas d’histoire grandiose, pas de héros charismatique, pas de drame haletant.
Non, juste une voix.
Une voix douce et honnête, qui semblait me parler directement, entre les lignes.

Page après page, j’avais la sensation qu’on se connaissait déjà, ce livre et moi.
Comme si quelqu’un avait mis des mots sur ce que je n’osais pas formuler : les petits découragements du quotidien, la fatigue invisible, cette impression parfois de ne pas avancer — mais aussi, cette envie d’y croire encore.

Ce n’était pas un roman d’action, ni une grande saga. C’était une main tendue.
Un murmure à l’oreille : “Tu n’es pas seule à te sentir comme ça.”

Je l’ai lu en trois soirs. Pas d’une traite, non. Je le savourais. Je soulignais des phrases, je repliais des coins de pages.
Certains passages étaient si justes que j’ai dû poser le livre, respirer un peu, laisser mes pensées faire leur chemin.
Et quand je l’ai refermé, j’ai pleuré.
Pas de tristesse, mais de gratitude.
Gratitude envers cette autrice inconnue qui avait su, sans me connaître, me parler comme une amie.

Depuis, Les mots pour se relever trône sur ma table de chevet.
Pas comme un trophée, mais comme un rappel : parfois, un livre ne te change pas, il te rassemble.
Il t’aide à remettre un peu d’ordre dans tes émotions, à comprendre ce que tu ressens, à te pardonner d’être humaine.

Tu sais, il y a des lectures qu’on oublie dès la dernière page. Et puis, il y a celles qu’on garde à l’intérieur, comme un parfum familier.
Elles t’accompagnent discrètement.
Elles ne t’imposent rien, ne te forcent pas à aller mieux.
Elles t’écoutent, tout simplement.

Depuis ce jour, j’en cherche d’autres comme lui. Pas des livres spectaculaires. Des livres qui respirent.
Ceux qui ne cherchent pas à te distraire, mais à t’apaiser.
Ceux qui ne te donnent pas des leçons, mais de la douceur.

Et toi, tu as déjà croisé ce genre de livre ?
Celui qui t’a fait du bien sans même que tu comprennes pourquoi ?
Celui que tu aurais voulu prêter à tout le monde, tout en le gardant précieusement près de toi ?

Parce que parfois, les mots sont comme des mains invisibles :
ils recousent là où la vie t’a un peu déchirée.

PS : Ce livre n'existe pas mais c'est le sens qui est important. A toi de trouver le livre qui te fera du bien... 

Marie-Anne, 

“Quand un livre te parle, c’est souvent que ton cœur avait déjà commencé la conversation.”

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