Nouvelle : Le jour où j’ai appris à ne rien faire sans culpabiliser

 


J’ai longtemps cru que le repos était un luxe. Ou pire, une faiblesse.
Tu vois le genre de pensées qu’on traîne : “Je me poserai quand j’aurai fini…”, “Je me reposerai quand tout sera fait…” — sauf que “tout” n’est jamais fait. 

Alors on s’épuise en douce, sans trop le dire, comme si courir tout le temps prouvait qu’on existait.

Et puis un jour, après une semaine où j’avais tout enchaîné — travail, courses, obligations, messages, tâches en retard —, j’ai craqué. 

Pas une explosion spectaculaire, non. Juste ce vide étrange dans le corps, cette lassitude qui te prend même quand tu es assise.
Je me suis retrouvée là, à fixer le plafond, incapable d’ajouter quoi que ce soit à ma journée. Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai écouté ce silence.

Il ne s’est rien passé d’extraordinaire.
Pas de révélation mystique, pas de grande décision.
J’ai juste… laissé faire.
J’ai regardé la lumière bouger sur le mur. J’ai respiré. J’ai entendu le chat ronronner, la bouilloire siffler, la pluie glisser contre la vitre. Et au lieu de culpabiliser, j’ai ressenti une forme de paix que j’avais oubliée.

Ce jour-là, j’ai compris une chose simple : ne rien faire, ce n’est pas perdre du temps.
C’est s’en redonner.

Depuis, j’ai instauré un rendez-vous régulier avec moi-même : un vrai moment “rien de prévu”. Pas d’objectifs, pas de performance, pas même un livre ou une série. Parfois c’est dix minutes, parfois une heure. Mais c’est devenu sacré.
Et à chaque fois, c’est comme si je retrouvais une version plus douce de moi. Celle qui n’a pas besoin de prouver, de justifier, d’optimiser.

Tu vois, on a grandi dans une société qui glorifie le “faire”. Faire plus, faire mieux, faire vite. Mais personne ne nous a appris à être.
Être sans but. Être sans produire. Être juste là.
Et pourtant, c’est souvent dans ces moments suspendus que l’on se retrouve le plus.

Alors oui, désormais, il y a dans mon agenda un petit créneau récurrent intitulé : “rien de prévu”.
Et j’en suis fière.
Parce que ce rien-là, c’est tout.
C’est l’espace où je respire, où mes idées se posent, où ma fatigue s’apaise.
C’est mon temps à moi, celui qui ne se mesure pas, qui ne se justifie pas.

Et toi, quand as-tu pris le temps de ne rien faire pour la dernière fois ?
Pas de scroll sur ton téléphone, pas de tâche “utile”. Juste toi, ton souffle, et ce calme un peu gênant mais terriblement réparateur.

Essaie.
Ferme les yeux. Respire. Laisse venir le vide — il n’est pas si vide que ça.
Il est plein de toi.


Annie, 

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“Tu ne rates rien quand tu te reposes. Tu gagnes juste un peu de toi.”


Ma bulle féminine, 

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