Nouvelle : Le jardin que je n’attendais pas

 


Je n’ai jamais eu la main verte.
Les plantes, chez moi, finissaient toutes par rendre l’âme. Trop d’eau, pas assez, oubliées sur un rebord de fenêtre en plein soleil ou noyées de bonnes intentions. J’avais fini par me dire que ce n’était pas pour moi. Que certaines personnes savent “sentir” la nature, et que j’étais de celles qui la regardent de loin.

Et puis il y a eu ce moment suspendu.
Le confinement. Le temps qui s’étire, les journées qui se ressemblent, et cette envie de faire quelque chose de simple, de vivant.
J’ai retrouvé au fond d’un tiroir un sachet de graines. “Basilic citronné”, c’était écrit. Je les ai semées sans conviction, juste pour voir, comme on envoie une bouteille à la mer.

Pendant des jours, rien.
La terre restait sombre et muette.
J’allais vérifier chaque matin, un peu comme on guette un message qui n’arrive pas. Et puis, un matin, il était là : un minuscule point vert, à peine visible, fragile et pourtant plein de promesses.
J’ai souri toute seule, dans ma cuisine.
Ce petit bout de vie venait de me rappeler quelque chose que j’avais oublié : il se passe toujours quelque chose, même quand on ne voit rien.

Alors j’ai continué.
Un arrosoir par-ci, un mot doux par-là (oui, j’ai fini par leur parler, à mes plantes !).
Et peu à peu, mon appui de fenêtre est devenu un petit coin de verdure. Pas un jardin d’influenceuse — un jardin vrai. Avec des feuilles un peu tordues, des herbes folles qui s’invitent, et des odeurs qui changent au fil des jours.

Ce jardin, je ne l’attendais pas.
Je ne cherchais pas à “réussir” quoi que ce soit.
Mais il m’a appris la patience, la lenteur, le soin.
Il m’a appris que parfois, la vie pousse à son rythme, sans nous demander la permission.

Aujourd’hui encore, quand je regarde mes plantes, je pense à tout ce qui a germé en moi depuis ce jour-là : la douceur envers moi-même, la confiance, le goût des choses simples.
Planter une graine, c’est un peu comme se promettre à soi-même de ne plus abandonner ce qui met du temps.

Alors, si toi aussi tu crois ne pas avoir la main verte, ou la patience, ou le temps, souviens-toi de ceci :
ce n’est pas la perfection qui fait pousser les choses, c’est la présence.
Un geste régulier, une lumière douce, une intention simple.

Ce jardin, c’est devenu mon miroir.
Chaque fois que je doute, je me dis : “Regarde comme ça pousse, même sans bruit.”

Colette, 

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Fais confiance à ce qui germe, même dans le silence.

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